Ποιησις

Sinécure

Ô instance puissante, ô toi l’inaccessible,
Ô front haut et yeux fiers, ô buste de colère,
Ô empreinte arrogante, ô perverse éphémère,
Ô gardienne de ces passions de l’invisible.

Tu détiens nos âmes dans une peur tangible.
Tu t’amuses avec nous, joues avec nos misères.
Toi monstre difforme, de crocs, de chair, de serres.
Tu n’existes qu’en nous, ta portée est risible.

Et chacun pense à toi, voit Lucifer en toi.
Les gens ne sortent plus, ne se voient même plus,
Sautent dans le vide pour éviter l’effroi.

Tu peuples les sonnets, les quotidiens, la toile.
Toi reflet des fléaux, grotesque Lustucru.
Tu n’es pas. Mais le monde entier vit sous ton voile.

Sur le mal qui recouvre le monde lors de ce printemps 2020

D’inspiration pétrarquiste, mais pas que!

2 Comments

  1. Grotesque Lustucru! Bien trouvé! L’Ennemi de l’année en est réduit à un petit monstre plus grotesque qu’effrayant. Très bien.

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